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REVALORISATION OU REGRESSION ? ENSEIGNANTS : CHANGER LE METIER POUR EN CHANGER LE SALAIRE

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« Qui n’avance pas, recule » ai-je envie de dire en observant les perspectives de carrières qui s’annoncent. Que nous réserve cette nouvelle année 2013 ?  A en croire le ministre de l'éducation nationale, serait-il prêt à parler argent ou plutôt cherche-t-il à négocier l'argent contre service ? Oui, mais « en changeant aussi la nature du métier. Ça ne peut pas se faire en 2013, on peut ouvrir les discussions en 2013. Ma porte est ouverte, je suis prêt à partir de janvier à ouvrir la grande négociation qui n’a jamais eu lieu dans ce pays sur la refondation du métier d’enseignant. Il y aura bien entendu les contenus. Qu’est-ce qu’on fait quand on enseigne, on vient de mettre en place les écoles, la deuxième phase c’est les carrières, le développement de carrière… », a-t-il déclaré.

Il a évoqué des pistes : « Vous prenez le modèle allemand, qu’est-ce qui se passe en Allemagne ? Les professeurs travaillent en moyenne 25 heures par semaine, 50 % de plus que notre temps de travail dans le secondaire. Ils enseignent souvent deux disciplines, les chefs d’établissement eux-mêmes enseignent. Alors pourquoi garde-t-on uniquement le salaire et pas tout ce qui justifie le salaire ? » L'argumentaire de Vincent Peillon fait référence aux études de l'OCDE qui montrent que l'enseignant français est moins bien payé que ses voisins, mais aussi que ses contraintes professionnelles ne sont pas aussi lourdes. Dans certains pays, comme la Grande Bretagne, le conseiller principal d'éducation (CPE) n'existe pas et cette fonction est dévolue aux enseignants.

La dévalorisation salariale de nos métiers est une évidence attestée à tous les niveaux, même de l’Etat. Prenons quelques chiffres :

  • les AED par exemple, recrutés avec le Baccalauréat sont rémunérés au SMIC !
  • Les professeurs en début de carrière perçoivent à peine plus que le SMIC !
  • Au 11e échelon, le pouvoir d’achat correspond à celui du 8e échelon d’il y a 25 ans !
  • La pension nette au 11e échelon est d’environ 1800 euros ! Et sans décote !

Cette paupérisation évidente est la conséquence d’années de perte du pouvoir d’achat pour tous les enseignants, et cela continue en 2012 et 2013.

Les projets gouvernementaux actuels n’envisagent que d’empirer cette régression. Et les annonces faites complètent ces sombres perspectives : la fameuse « Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) » ne laissent aucun doute : c’est bien la casse des carrières et des statuts qui apparaît clairement.  Cela ne résoudra en rien le constat de départ au sujet de la dévalorisation salariale, bien au contraire, vous l’aurez compris !

Ce n’est pas du tout le sens des revendications du SNETAA-FO qui continuera à se battre tout en demandant une réelle revalorisation des traitements, dans le cadre d’une carrière indiciaire, accessible pour tous à l’indice terminal dans un statut amélioré permettant de réelles perspectives pour chacun, dans le respect des qualifications de chaque métier d’enseignant.

Les récentes déclarations du Ministre de l'Education Nationale sur le nécessaire changement de la « nature du métier d'enseignant » laissent donc planer les plus grandes interrogations, et même les plus grandes inquiétudes. Il a annoncé être prêt à ouvrir « la grande négociation qui n'a jamais eu lieu dans ce pays sur la refondation du métier d'enseignant ». Il a indiqué vouloir s'attaquer aux contenus, au temps de travail et « bien entendu à la question de la revalorisation ».

En matière de temps de travail et de revalorisation, le ministre a d'ores et déjà annoncé que les enseignants du premier degré devraient travailler, en conséquence de la réforme des rythmes scolaires, une demi-journée de plus à la rentrée 2013 sans aucune augmentation de salaire. Ils devraient également voir leur service dépendre du « projet éducatif territorial », mis en place avec les collectivités, associations et fondations. Concrètement, cela signifie travailler plus pour gagner moins, ça vous rappelle sans doute quelque chose.

C'est aussi un changement dans la nature du statut « métier », c'est à dire du statut des enseignants du premier degré en introduisant une double tutelle sur leurs missions, celle de l'Etat et des collectivités.

Le ministre semble tenté, s'appuyant sur l'exemple allemand, par un temps devant élèves de 24 ou 25 heures par semaine pour tous les enseignants (les enseignants allemands du secondaire doivent 25 séquences de 45 minutes par semaine et non 25 heures), par la bivalence pour ceux du secondaire, en lieu et place des 18 heures, en cohérence avec les projets « d'école du socle ».

Personne ne serait dupe de mesures qui tenteraient de présenter comme des mesures pédagogiques ce qui relèverait d'une politique d'austérité. Pour revaloriser les salaires des enseignants, la première mesure, demander la levée du blocage du point d'indice, que le gouvernement a prévu de maintenir pour la 3ème année consécutive.

Le projet de loi de refondation de l'école s'avère être non seulement un outil de territorialisation de l'école, en contradiction avec son caractère national, mais débouche inévitablement sur une remise en cause des droits et garanties statutaires des personnels enseignants.

Il convient donc d’être vigilants d’autant plus que dès 2006, les concours de recrutements prévoyaient déjà une mention de bivalence, exemple : du français au CAPES d’histoire - géographie. Certains jeunes inscrits à ces concours ne savent toujours pas ce que cela signifie ni à quoi ils s’engagent. Faisons attention de ne pas revenir à l’ancien système des PEGC.

Le SNETAA-FO s’y opposera fortement et défendra le statut des PLP - certifiés – agrégés de l’académie de Strasbourg si attaqués ces derniers temps, demande que cessent ces « à-coups » et qu’existe un réel sens des perspectives des cadres éducatifs qui nécessitent du temps pour en estimer une évaluation solide et concrète.

La balle est désormais définitivement dans le camp des enseignants. Soit nous nous laissons faire, et dans ce cas, nous accompagnons la disparition de notre statut. Nous nous rendrons alors complices, par notre apathie, de la disparition de ce que certains osent appeler sans vergogne, « nos privilèges ». Soit nous agissons enfin concrètement, en assumant nos responsabilités. J’entends bien les collègues quand ils disent : « Mais, ce n’est pas possible, encore un nouveau Ministre qui veut tout modifier. Les élèves n’auront plus de repères, nous non plus ! Mais où il est le fil conducteur si tout doit changer à chaque changement de ministre ? ». Oui ! Il est désespérant de ne plus pouvoir construire sur des bases solides actuellement fluctuantes !

Arrêtez le ridicule, Monsieur le Ministre de l’Education Nationale !

Jean-Pierre GAVRILOVIC
Secrétaire académique
      SNETAA-FO

En pièce jointe et pour votre information, le rapport que le SNETAA-FO de l'académie de Strasbourg dénonce sur : LA COLLECTIVITÉ TERRITORIALE D’ALSACE

 

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