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Journal académique décembre 2009

LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ

Parmi toutes les idées reçues, il en est de scandaleuses, d’exaspérantes, d’agaçantes ou d’aimablement inoffensives. Derrière  les unes, on reconnaît le masque de l’éternelle sottise des préjugés ; derrière les autres, la grimace de l’aveuglement idéologique qui impose partout la tyrannie des bons sentiments.

Elle prospère sur un fond de vérité : c’est l’idée que tout va mal et que tout ne saurait évidemment aller que de mal en pis. En France, plus que jamais, le moral des ménages se porte en bandoulière et par conséquent… dans les chaussettes ! Qu’on se souvienne un instant des critiques qui pleuvaient sur nos conditions de travail et que je relevais dans mon article « l’Etat menteur ». Le gouvernement n’avait pas pris la mesure de la crise dans le milieu de l’enseignement !

Et si cette inquiétude quasi pathologique qui saisit les professeurs dès qu’ils regardent l’avenir stimulait et rassemblait nos énergies ? Après tout, les vrais motifs d’inquiétude auxquels il faudrait collectivement s’attaquer ne manquent pas, à commencer par ces montagnes de départs en retraite non remplacés et ces réformes successives jusqu’en 2012 mises en place sans la moindre concertation. Puisque tout est fichu, puisque nos hommes politiques sont des incapables, puisque les bonnes nouvelles n’en sont pas et que les mauvaises en cachent de pires encore, à quoi bon les réformes souhaitées par les enseignants, les efforts des uns, les sacrifices des autres, tous ces beaux discours qui prétendent que les choses peuvent s’améliorer ? Quand rien ne sert à rien, autant ne rien faire. Quand tout doit aller au plus mal, autant profiter de ce qu’on a…

Et c’est ainsi que, confortablement retranché derrière le scepticisme de bon ton de celui à qui « on ne la fait pas », chaque individu, chaque collègue défend ses habitudes, ses avantages, ses privilèges, dans l’espoir d’échapper individuellement à un sort collectif qu’il pressent funeste et que son pessimisme contribue à rendre tel. La peur, mauvaise conseillère ? Voilà bien une idée reçue qu’il faut d’urgence réhabiliter !

Etat des lieux

A son arrivée au pouvoir, notre Président affichait sa volonté de réhabiliter les valeurs du travail, de l’effort, du mérite, du respect : « Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console » se délectait-il… Il se voulait homme du changement, garant de la sécurité et de la protection et souhaitait rompre avec les comportements du passé, les habitudes de pensées et le conformisme intellectuel. En plafonnant le montant des impôts payés par les contribuables, il a imposé le fameux bouclier destiné à protéger les plus grosses fortunes, tout un symbole ! 15 Milliards de manque à gagner pour l’Etat, dont le déficit est estimé par ailleurs à 43 Milliards.

Par la suite, en janvier 2008, le Président nous interrogeait : « Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ? »… Il a pourtant fait ce qu’il a pu pour les vider au profit des classes les plus riches… et du sien. 84 % du PIB, c’est le niveau de la dette de la France en 2010. Le déficit de la Sécurité sociale dépassera 30 Milliards et restera à ce niveau au moins trois ans. Face à cette situation, le chef de l’Etat a fixé une ligne : maîtrise des dépenses (non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, réforme territoriale, mesure d’économie pour la Sécu…).

Attaques

Notre Président s’est attaqué au droit de grève : « Désormais, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit ». Il a affaibli le pouvoir d’achat des plus bas salaires.

Notre Président s’est attaqué à l'École en dévalorisant l’image des instituteurs dans l'opinion publique et en initiant une loi dite d'autonomie pour une Université réelle - en réalité une privatisation de fait de l'enseignement supérieur.

Notre Président s’est attaqué aux services publics par une mesure-phare : non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Il a ainsi réduit les effectifs des enseignants. Il s'agit en réalité d'une contre-révolution. En clair, liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, telle est la cohérence globale du projet du Président… Peut-on croire sérieusement que toutes ces réformes conditionneraient notre capacité à améliorer la productivité de l'Etat en même temps que la qualité du service public ?

Réformes

Cette réforme de la fonction publique correspond en fait à la suppression des garanties des fonctionnaires et à une volonté de destruction de la fonction publique à la française. Cette conception, qui remet en cause le paritarisme, porte atteinte aux principes de neutralité et de laïcité de l’Etat ; elle ruine les principes fondamentaux de la République. On ne peut l’accepter, c’est le démantèlement de la fonction publique.

En lieu et place de la grille indiciaire de la fonction publique qui offre des garanties et des perspectives pour tous, est envisagée la mise en place d’une rémunération fondée sur le « mérite » et la « performance », un recrutement par contrat. Ce sont des menaces qui pèsent sur le statut des fonctionnaires : leur qualification, leur indépendance, l’égalité des citoyens dans l’accès aux emplois des services publics sont remises en cause. C’est une véritable paupérisation des personnels dont il s’agit. La première étape de la réforme des retraites était attendue par tous. Face à ces régressions sociales importantes, il n’a pas été possible qu’une réelle action commune et unitaire se développe. A partir de 2012, pour partir en retraite, il faudra avoir cotisé 42 années pour pouvoir bénéficier d’un taux plein. Ainsi il est maintenant possible de travailler au-delà de 60 ans sans que cela ne pose de problème et on envisage même de limiter l’âge du travail à 67 ans.

D’année en année, le budget du ministère de l’Education nationale s’est dégradé. Celui-ci servirait-il de moyen d’ajustement du budget national ? Le nombre d’élèves augmente dans les classes. En attendant, ce sont les établissements, les personnels et les élèves qui subissent les conséquences de cette mauvaise politique.

La réforme du lycée est entreprise à la hâte. Le ministère souhaite aboutir à un lycée unique. Ce que le Snetaa-eiL condamne. Prétextant aider les élèves dans leurs travaux d’encadrement, le ministère envisage une réduction des horaires par spécialité afin que les enseignants soient plus disponibles… mais avec un temps de travail plus important. Curieuse façon de revaloriser les enseignants !

Concernant le projet de la formation des maîtres, il s’agit de relever le niveau de formation au niveau du master. Mais il faut tenir compte de la deuxième partie de l’analyse : les étudiants s’engageant dans cette voie auront suivi une formation débouchant uniquement sur l’enseignement et pas sur d’autres possibilités de métier. La règle sera alors pour ces enseignants la précarité et la paupérisation. Le Snetaa-eiL ne peut accepter une telle réforme.

Face à ces attaques, le Snetaa-eiL s’est opposé et continuera à s’opposer : nous affirmons que l’Etat doit revenir aux vraies préoccupations des Français que sont le pouvoir d’achat, l’emploi, la dette, etc.

Efficacité

A chaque fois, Le Snetaa-eiL a condamné ces reculs sociaux qui portent atteinte aux grands équilibres de la Nation. En effet, les changements proposés pour « refonder la fonction publique » sont lourds de conséquence :

-       Réduction du nombre de fonctionnaires en ne remplaçant qu’un fonctionnaire sur deux qui part en retraite. Conséquence : diminution des offres du service public pour tous. Pour l’Education nationale, cela se traduit par une réduction de près de 23 000 emplois en 2008 et 30 600 en 2009 soit plus de 53 000 emplois en moins de deux ans. Faut-il s’étonner de l’augmentation du chômage ? Quels emplois possibles pour les jeunes diplômés ? Leur départ à l’étranger aura des effets néfastes sur les possibilités de développement à long terme de notre pays : nous ne pouvons l’accepter.

-       Remplacement des concours comme moyen de recrutement par un recrutement effectué par la hiérarchie. C’est ainsi la fin de l’égalité de tous les candidats à l’accès aux emplois publics et la suppression de la garantie de neutralité des personnels, et, à terme, la politisation des services publics par l’instauration du clientélisme au sein de notre fonction publique.

-       Possibilité de choisir pour les nouveaux entrants entre le statut de fonctionnaire et un contrat de droit privé conclu de gré à gré... c’est la remise en cause du statut des fonctionnaires, de leur droit à un emploi garanti et à une retraite assurée. C’est la paupérisation des agents de l’Etat, l’instauration de la déréglementation de la fonction publique, le premier pas vers la privatisation certaine des services publics.

-       Instauration d’une nouvelle gestion des personnels s’appuyant sur le « mérite », la mobilité forcée, la gestion par métier : c’est non seulement la suppression du statut de la fonction publique, mais c’est encore l’introduction de la déréglementation, des principes de gestion privée et la transformation des agents de l’Etat en exécutants serviles. À cette nouvelle gestion vient s’ajouter une réduction systématique du nombre de corps au sein de la fonction publique, le gouvernement voulant passer de 1 500 corps à moins d’une centaine. Si certaines fusions étaient possibles voire souhaitables, la trop grande hâte à mettre en place ces réductions a conduit à des réductions curieuses. Chez les personnels administratifs, par exemple, on retrouve des personnels avec le même statut pouvant intervenir dans trois fonctions publiques (territoriales, hospitalières et d’Etat) en fonction des suppressions de postes.

Tant qu’on y est, pourquoi ne crée-t-on pas un grand corps de certifiés ou d’agrégés regroupant des personnels de l’Education nationale, de l’Agriculture et de l’ONAC par exemple ? De plus, la représentation des personnels ne se fera plus au niveau des corps mais dans le cadre de comités techniques !

Pourquoi ne pas permettre la mise en place d’une Garantie Individuelle du Pouvoir d’Achat (GIPA) au prétexte de mieux cerner les nécessaires augmentations de salaire individualisées ; c’est non seulement bloquer les salaires des fonctionnaires, les décrocher par rapport au coût de la vie, mais encore aller vers la généralisation d’heures supplémentaires obligatoires, en grand nombre, même mieux payées, qui dégradent les conditions de travail des personnels. La seule façon d’augmenter les salaires, ce n’est pas de travailler plus pour gagner plus, mais d’augmenter la valeur du point d’indice.

Laïcité

Par rapport à la laïcité, des atteintes de plus en plus fréquentes contre les droits fondamentaux dont disposent les hommes et les femmes au sein de notre République, notamment contre la liberté absolue de conscience et son corollaire, le droit d’expression ne cessent de se développer. La laïcité n’est pas une doctrine, pas plus qu’une religion. Elle est un principe imprescriptible.

Les quatre principes de base de l’école républicaine doivent être maintenus dans l’intérêt de la République :

-       L’universalité développée par Condorcet dans son Rapport sur l’organisation de l’instruction publique ;

-       L’égalité affirmée par Jules Ferry ;

-       La démocratisation énoncée par Jean Jaurès dans un discours pour le relèvement de l’enseignement public,

-       L’émancipation permettant non seulement de former l’homme, le citoyen et le travailleur mais surtout des hommes maîtres de leur destin.

Au Snetaa-eiL, nous affirmons que l’Etat doit faire face à sa mission dans le respect du principe républicain : « A l’école publique, fonds publics, à l’école privée, fonds privés ». Le Snetaa-eiL réaffirme aussi que l’Ecole laïque et républicaine doit être préservée de toute pénétration économique, confessionnelle, idéologique ou philosophique même déguisée sous des dehors dits culturels.

Indépendance

Notre syndicalisme indépendant, laïque, à l’écoute des adhérents gêne parce qu’il s’attaque aux vrais problèmes (fonction publique, salaires, retraite, protection sociale, défense de l’école, défense de la laïcité…). Nos actions sont quotidiennes et revêtent des formes multiples. Rien n’est figé. Jamais notre engagement syndical n’a eu autant de sens que dans cette période de crise profonde des valeurs républicaines. Il nous faut réfléchir pour trouver les moyens les meilleurs de conserver nos valeurs, en particulier notre indépendance par rapport aux pouvoirs politiques, économiques, religieux et pour sauvegarder notre spécificité de syndicalisme d’adhérents qui trouve ses mandats au sein même de l’organisation, dans l’intérêt de ses adhérents. Maintenir notre respect de la différence et de la tolérance !

Dans la hotte du ministère du budget, des comptes publics et de la fonction publique (Arrêté du 5 juillet 2007 paru au JO n° 162 du 14 juillet 2007) :

2 359 724, 25 € de subvention annuelle répartie ainsi :

FSU : 363 034,50 €

CGC : 181 517,25 €

CFDT : 363 034,50 €

CFTC : 181 517,25 €

CGT : 363 034,50 €

Union syndicale SOLIDAIRES : 181 517,25 €

UNSA : 363 034,50 €

Snetaa - EIL : 0 €

FO : 363 034,50 €

 

Et demain, de quoi est fait demain ?

Vous avez ici l’expression, sur certains sujets, de militant(e)s qui veulent pouvoir dire ce qu'ils estiment être du rôle d'un syndicat. Nous n’arrivons pas avec un catalogue de certitudes même si nous avons des convictions ! Chez nous, la parole est très libre et nous estimons que ce sont les adhérents qui élaborent les revendications : c'est cela le syndicalisme "Autrement" !

Alors, nous vous invitons à nous critiquer sur ce que nous vous présentons car ces échanges permettront un enrichissement mutuel. Mieux, n’hésitez pas à nous faire part de vos idées, revendications, projets pour permettre de développer un syndicalisme efficace à l’écoute des collègues !

Jean-Pierre GAVRILOVIC, Secrétaire académique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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